Introduire une messagerie de cabinet : est-ce rentable pour vous ?
À la question « pourquoi maintenant » il n'existe pas de réponse honnête empreinte d'urgence. Il existe en revanche un calcul, et il se fait en une semaine.
Les textes sur les messageries de cabinet répondent presque tous de la même façon à la question du moment : le changement est en cours, les attentes des patients ont évolué, qui n'agit pas maintenant décroche. C'est peut-être vrai, mais ce n'est pas un argument — c'est une pression, et cela n'aide personne à décider.
La question plus utile n'est pas « pourquoi maintenant » mais « combien ». Une messagerie remplace des appels. Combien elle en remplace dépend de leur objet, et cela se mesure avant d'acheter quoi que ce soit.
Le calcul
Pendant une semaine, la réception tient un comptage à deux colonnes : les appels portant sur un avis médical, et tous les autres. Le second groupe comprend les déplacements de rendez-vous, les renouvellements d'ordonnance, la question sur un résultat, les renseignements d'organisation.
| Part sans contenu médical | Ce que cela signifie |
|---|---|
| moins de 30 % | Une messagerie n'en vaut guère la peine. Le goulet est ailleurs, le plus souvent dans la documentation ou le courrier entrant. |
| 30 à 50 % | Une messagerie tient si les patientes peuvent l'utiliser sans rien installer. Sinon, une partie seulement se déplace. |
| plus de 50 % | Le canal s'amortit en général en quelques mois, rien qu'avec le temps gagné à la réception. |
La raison du seuil est simple : un appel mobilise deux personnes au même moment, un message non. Le gain ne vient pas de ce qu'une réponse s'écrirait plus vite qu'elle ne se dit, mais de ce qu'elle s'écrit quand il y a justement du temps.
Un appel exige que les deux parties aient du temps au même instant. C'est là qu'est le coût, pas dans la durée de la conversation.
Ce qui change en plus du temps
Deux effets n'apparaissent dans aucun calcul et sont pourtant cités régulièrement. Le premier est la joignabilité en dehors des heures de consultation : des demandes qui arriveraient sinon par téléphone le lendemain matin sont déjà là, écrites, à l'ouverture du cabinet.
Le second est la traçabilité. Ce qui a été convenu au téléphone n'est écrit nulle part ; ce qui a été écrit est là. Pour les questions de suivi et en cas de litige, la différence est sensible, et elle ne coûte rien de plus.
Quand cela n'en vaut pas la peine
Trois cas dans lesquels il vaut mieux renoncer à l'introduction.
- Quand la part d'appels d'organisation est faible. Le goulet est alors dans la documentation ou le courrier entrant, et l'attention y serait mieux employée.
- Quand une autre migration est déjà en cours dans le même trimestre. Deux changements simultanés se freinent mutuellement, et tous deux passent ensuite pour des échecs.
- Quand le canal exige des patientes un compte et une application. Une partie ne l'utilisera pas, le téléphone reste pour celles-là, et la réception dessert désormais deux voies au lieu d'une.
Si le calcul est favorable
Alors vaut pour l'introduction ce qui vaut pour toute autre migration : commencer petit, fermer l'ancien chemin plutôt que l'interdire, et écouter pendant deux semaines. La remarque « avant c'était plus rapide » n'est pas une critique, mais la seule information fiable sur la tenue du nouveau chemin au quotidien.
Et le volet juridique se règle avant la sélection, pas après : contrat de sous-traitance, siège du fournisseur, traitement des données de connexion. Ces trois questions décident plus vite que n'importe quelle liste de fonctions quels services entrent en ligne de compte.